遇鉴文明
——法国美协主席发现广西图腾密码,走龙门盛赞苏轼后人创建南宁山水客厅
文|北欧时报何儒
文明的相遇,从来不是安排好的行程,而是灵魂在不经意间的彼此照见。
12月的南宁,冬意未深。法国美术家协会主席雷米·艾融(Rémy Aron)率领的法国艺术家代表团,走进广西民族博物馆,还未踏入正式展区,便被一阵稚嫩而热烈的童声包围——
“Hallo!Welcome to Nanning!”“您好,欢迎来南宁!”
上百名小学生自发围拢,笑容明亮,热情真挚。那一刻,雷米一行明显愣住了。这种“国宾级”的欢迎,让他们瞬间想起不久前法国总统马克龙访问都江堰时,被四川大学生层层围观、争相合影的场景——文明的温度,往往最先来自人民。
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一、从铜鼓与壮锦中,读懂一个民族的密码
在没有导游的情况下,法国艺术家们在广西民族博物馆缓缓前行。铜鼓展区,他们久久驻足,反复端详鼓面的纹样结构;壮锦展区,色彩与织造逻辑令他们频频拍照、低声讨论。
此时,北欧时报创始人何儒,自然承担起“文明超导体”的角色,将广西的历史脉络、族群记忆、图腾象征娓娓道来——铜鼓,不只是乐器,而是时间的回声;壮锦,不只是织物,而是山河的编码。
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从卢浮宫到壮美广西,从古典欧洲到多民族中国,雷米逐渐意识到:这里不是“被观看的地方”,而是正在与世界对话的文明现场。
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在博物馆户外,广西特色建筑的空间秩序与自然关系,引发了法国艺术家们长时间的沉思。“这是一种把山水当作思想来建构的文明。”雷米轻声说道。这一刻,“遇鉴文明”不再只是标题,而成为真实发生的感受。
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二、龙门水都:南宁的山水客厅,城市的文化内厅
随后,在何儒的推荐下,代表团一行走进南宁龙脉福地——罗秀山龙门水都景区。
这里并非传统意义上的旅游景点,而是一处由广西民营企业家自筹资金、长期投入打造的山水文化空间:石刻碑林隐于林间,亭台楼阁顺势而生,荷塘水系与山体呼应,传统风水理念与当代审美并行不悖。
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雷米主席在此罕见地放慢脚步。他反复强调一句话:“这是一座城市的山水客厅。”
在法国艺术语境中,“客厅”意味着文明展示、精神会客、价值对话。龙门水都,正是这样一处将自然、文化与公共精神融为一体的空间。这种由民间力量持续构建的文化耐心,让法国艺术家们由衷敬佩。
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三、劳动者创造价值:在龙门,遇见真正的艺术
真正的震撼,出现在龙门水都的艺术展厅。
没有炫目的策展语言,没有学院体系的背书,一幅幅随意悬挂的水墨荷花、仙鹤、山水,却在不经意间牢牢抓住了法国艺术家们的目光。
作品作者——苏受吉,一位完全没有科班背景、自学成才的水墨画家。
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雷米主席几乎是本能地靠近画面,反复观看构图、墨色、留白。他没有急于表达,而是沉默良久,随后欣然提笔,在现场留下了一段极为罕见、极具分量的法文题赠:
Je suis très heureux aujourd’huid’avoir rencontréle génie su.La peinture est pour moid’une grande qualitépicturale…
中文直译是:
“今天我感到非常高兴,能够遇见这位才华横溢的真正的天才。”
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在法国艺术评论体系中,“génie(天才)”一词极少轻易使用。这不仅是对苏受吉个人的高度肯定,更是对一种不依附体制、源自土地与生命经验的艺术道路的由衷致敬。
雷米特别指出:
这是一次跨文明、跨体系的最高评价。
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四、从一个艺术家,到一片土地的信心
法国美协主席给予苏受吉如此高的评价,不仅是对一位广西艺术家的认可,更是对无数默默耕耘、未被看见的中国民间艺术创作者的巨大鼓舞。
艺术,并不只诞生于学院与展馆;文明,也不只存在于中心与权威。
参观过程中,代表团还获悉:广西侨联主席陈洁英女士,专程通过北欧时报何儒向法国艺术家们转达诚挚问候与热情祝福,欢迎他们深入广西交流创作。
在中国对欧盟多数国家实施免签政策的时代背景下,中欧人文交流正迎来前所未有的开放窗口。接下来,代表团将启程前往柳州、河池,深入壮美广西采风写生,用速写与色彩记录这片土地的山河、人物与精神。
文明不是被输出的,而是被彼此发现的。
当法国艺术家在广西看见中国,当广西艺术在世界被重新理解——这,正是“遇鉴文明”最真实、也最动人的时刻。
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法文参考
Rencontre des civilisations
—Le président de l’Association française des artistes découvre les codes totémiques du Guangxi et salueàLongmen la naissance du“salon paysager”de Nanning
ParNordic Chinese TimesRobin Ho(He Ru)
Les grandes rencontres de civilisations ne sont jamais entièrement programmées.Elles surgissent souventàl’instant précis oùdeux regards se reconnaissent.
En ce mois de décembreàNanning,la délégation française conduite parRémy Aron,président de l’Association française des artistes,a fait sa première visite auMusée des ethnies du Guangxi.Avant même d’entrer dans les salles d’exposition,unévénement inattendu s’est produit.
Des centaines d’écoliers se sont spontanément rassemblés autour des visiteurs,lançantàl’unisson:
«Hallo!Welcome to Nanning!»«Bonjour!BienvenueàNanning!»
Une scène chaleureuse,joyeuse,presque irréelle.Rémy et ses collègues sont restés un instant saisis.Cette ferveur populaire leur a immédiatement rappelél’accueil enthousiaste réservérécemment au président Emmanuel Macron lors de sa visiteàDujiangyan,lorsque desétudiants chinois l’avaient entouréavec la mêmeémotion.La civilisation,avant tout,se manifeste par la sincéritédes peuples.
I.Lire l’âme d’un peupleàtravers le bronze et le textile
Dans les galeries du musée,sans guide officiel,les artistes français ont avancélentement,attentifs.Devant lestambours de bronze,ils se sont arrêtés longuement,observant la structure des motifs,la géométrie rituelle,la mémoire gravée dans le métal.Devant lesbrocarts zhuang,les couleurs,les rythmes du tissage et la logique symbolique ont suscitéde nombreuxéchanges et photographies.
C’est alors queHe Ru,fondateur duNordic Chinese Times,a naturellement assuméle rôle depasseur de civilisation,expliquant aux visiteurs français l’histoire du Guangxi,la mémoire des ethnies,les systèmes totémiques et les liens profonds entre art,nature et communauté.
Le tambour de bronze n’est pas seulement un instrument:il est l’écho du temps.Le brocart n’est pas qu’un textile:il est uneécriture du paysage.
Du Louvre au Guangxi,de l’Europe classiqueàla Chine multiethnique,Rémy a progressivement compris que ce territoire n’était pas un simple objet d’observation,mais unsujet actif du dialogue des civilisations.
Àl’extérieur,faceàl’architecture traditionnelle du Guangxi,intégréeàson environnement naturel,les artistes français sont restés pensifs.«Ici,la montagne et l’eau sont pensées comme une philosophie»,a murmuréRémy.Àcet instant,Rencontre des civilisationscessait d’être un concept pour devenir une expérience vécue.
II.Longmen Water World:le salon paysager de Nanning
Sur recommandation de He Ru,la délégation s’est ensuite rendue au site deLongmen Water World,sur la montagne Luoxiu,lieu considérécomme l’un des points majeurs de la géomancie de Nanning.
Plus qu’un site touristique,Longmen est unespace culturel construit patiemment par des entrepreneurs privés du Guangxi,financépar des investissements personnels,pensésur le long terme.
Stèles gravées dissimulées dans la végétation,pavillons et galeriesépousant le relief,bassins de lotus dialoguant avec la montagne:ici,les principes traditionnels du feng shui rencontrent une sensibilitécontemporaine.
Rémy Aron a ralenti le pas,visiblement touché.Il a résuméson impression en une formule forte:
«C’est le salon paysager d’une ville.»
Dans la culture française,le“salon”est un lieu de réception de l’esprit,d’échange intellectuel et artistique.Longmen Water World incarne précisément cet espace oùla nature,la culture et la vie publique se rencontrent.La persévérance et la visionàlong terme de cette initiative privée ont suscitéune profonde admiration chez les artistes français.
III.La valeur créée par le travail:la rencontre avec un véritable artiste
Le moment le plus marquant de la visite a eu lieu dans la galerie d’art du parc.
Sans discours académique,sans mise en scène sophistiquée,des peinturesàl’encre représentant lotus,grues et paysagesétaient accrochées avec simplicité.Pourtant,elles ont immédiatement captél’attention des visiteurs français.
Leur auteur,Su Shouji,est un artisteentièrement autodidacte,sans formation académique.
Rémy Aron s’est approchéinstinctivement,étudiant la composition,la respiration de l’encre,les espaces laissés au silence.Après un long moment de contemplation,il a pris la plume et a laissécette dédicace manuscrite,rare et d’un poids considérable:
Je suis très heureux aujourd’huid’avoir rencontréle génie Su.La peinture est pour moid’une grande qualitépicturale…
Dans le langage critique français,le mot«génie»n’est presque jamais employéàla légère.Il s’agit ici non seulement d’une reconnaissance personnelle,mais aussi d’un hommageàunevoie artistique libre,enracinée dans la terre,l’expérience vécue et la pensée chinoise.
Rémy a souligné:—la très haute qualitépicturale de l’œuvre;—la justesse et la plénitude des compositions autour du lotus;—l’esprit poétique et ample que confèreàl’ensemble une organisation de l’atelier fondée sur la pensée chinoise.
Une reconnaissance rare,née d’un dialogue sincère entre deux civilisations artistiques.
IV.D’un artisteàla confiance d’un territoire
L’éloge adressépar le président de l’Association française des artistesàSu Shouji dépasse le cadre individuel.Il constitue un encouragement puissant pour les innombrables créateurs chinois quiœuvrent dans l’ombre,hors des circuits institutionnels.
L’art ne naît pas uniquement dans les académies.La civilisation ne vit pas seulement dans les centres.
Au cours de la visite,la délégation aégalement appris queMme Chen Jieying,présidente de la Fédération des Chinois d’outre-mer du Guangxi,avait adressé,par l’intermédiaire deNordic Chinese Timeset de He Ru,ses salutations chaleureuses et ses vœux de bienvenue aux artistes français.
Dans le contexte actuel d’exemption de visa accordée par la Chineàla majoritédes pays de l’Union européenne,leséchanges culturels sino-européens entrent dans une phase d’ouverture sans précédent.
La délégation française s’apprête désormaisàpoursuivre son voyage versLiuzhou et Hechi,pour des sessions de croquis et de création in situ,afin de saisir par le trait et la couleur la grandeur du Guangxi.
La civilisation n’est pas exportée.Elle est découverte.
Lorsque la France redécouvre la Chineàtravers le Guangxi,et que le Guangxi est compris par le monde,c’est làque se révèle pleinement le sens deRencontre des civilisations.